Apeurée à cause de cet avenir que l'on sait limité, angoissée par l'importance de chaque instant présent, inquiète de cette existence temporelle, je transforme la vie encore insouciante de notre devenir en une énigme rudement épineuse. Car une vie pleinement vécue serait celle qui ne s'est fabriquée aucun regret, ou le moins possible. C'est comme un défi irréalisable, lorsque je vois que mes pensées séjournent sans cesse dans mes souvenirs. Et quand j'écoute parler ces gens qui ne toucheront jamais du doigt leurs rêves les plus chers, qui ont compris que notre passage n'a aucune raison, et peut-être même aucun but, alors je réalise que c'est seulement l'espoir qui nous mène d'un bout à l'autre. Admirables sont ceux capables de sourire à la mort ; égarés ceux qui appréhendent ce moment sinistre. Dans cette préoccupation morbide, la vie prend son sens le plus tragique et hisse son drapeau noir. Dessus est inscrit cette question existencielle, « A quoi bon vivre ? ».
« La vie, même quand tu la nies, même quand tu la négliges,
même quand tu refuses de l'admettre, est plus forte que toi.
plus forte que tout. »
Anna Gavalda, Je l'aimais.